jeudi, novembre 02, 2006

Deux vitesses...

Alors que nous sommes beaucoup en Suisse à craindre une société à deux vitesses, je me rends compte que petit à petit, discrètement, le système se met en place. Malgré les votations, malgré les beaux discours, je vois naître des habitudes qui nous mènent là ou nous avons peur de nous retrouver.

Les assurances médicales fonctionnent depuis longtemps sur ce principe là. Chaque résidents Suisse est tenu de contracter une assurance dite « de base ». On nous fait croire que nous avons le choix entre diverses compagnies, mais ce choix est un leurre. Parce que chaque compagnies n'appliquent pas les mêmes tarifs. Donc ce choix se résume pour la majorité d'entre nous au montant de la prime mensuelle. Là ou ça devient encore dus déconcertant, c'est que notre assurance de base a 3 niveaux. Celle pour le petit peuple, plus connue sous le terme de « commune », celle pour le peuple moyen dite « demi-privée » et celle pour les gens aisés dite « privée ». Ce qui les différencient est bien évidement le montant de la prime et quelques promesses de confort.

Ainsi, le client privé pourra se faire opérer dans une clinique privée, par le médecin de son choix et sera seul en chambre. Le client demi-privé à le choix de son médecin et de sa clinique contre l'avance d'un petit montant et il sera accueilli dans une chambre à 2 lits. Le dernier client quand à lui n'a pas accès aux cliniques à moins de payer son séjour. Il sera accueilli dans un hôpital régional ou universitaire dans une chambre à 6 lits. Le médecin qui s'occupera de lui sera le médecin qui se trouve là au moment de l'hospitalisation.

Je ne remet pas en cause les soins, parce qu'il faut avouer qu'en Suisse, nos médecins sont bien formés et sont compétents. Je remets en cause le prix de notre confort, qui semble proportionnel à la taille de notre porte-monnaie.

Les assurances vont encore plus loin en nous proposant de baisser notre primes contre une augmentation de notre franchise. Ainsi, si je tombe malade, que je n'ai déjà pas de quoi payer mon assurance maladie, je devrai jusqu'à concurrence de 1600.--CHF payer mes soins. Tout ça vous semble logique ?

Pour continuer dans le médical, il y a les laboratoires pharmaceutiques. Ces derniers nous proposent maintenant les « génériques ». Médicament identique à d'autre, mais moins cher, pour soit-disant alléger les charges des assurances médicales. Pourquoi y aurait-il deux produits identiques n'ayant pas le même prix ? Parce que bien évidement, ce n'est pas le même laboratoire qui les commercialisent. Et voilà donc la santé liée au marketing. Jeu de séduction envers les médecins qui se voient offrir des cadeaux de Noël, des échantillons gratuit, des conférences dans des lieux exotique. Pour que par sympathie le médecin prescrive tel ou tel produit. Et tout le monde tire profit de cette situation. Les ventes de génériques sont croissantes, mais pas suffisamment pour légitimer une baisse des assurances maladie qui elles, augmentent chaque année. Et ça marche, personne ne dit rien, on nous propose chaque année de nouvelles solutions pour baisser les coûts de la santé, mais rien y fait, malgré nos efforts, ces satanées primes ne baissent jamais.

Et voilà maintenant que les centres commerciaux tirent des leçons de ce procéder et créent : les produits à bas prix.

Le principe est plutôt bon, je suis contente de pouvoir faire des économies lorsque je fais mes courses.

Nous trouvons donc maintenant des produits très voyant aux couleurs criardes qui nous indiquent que ce produit est un produit bas prix. Et depuis longtemps maintenant, j'observe les paniers de provisions des gens qui m'entourent. Qui achète ces produits ? Les personnes âgées dont la rente est tellement basse qu'elles ne peuvent se permettre d'excès. Les familles qui peinent à boucler leur fin de mois. Et pour finir, les étudiants en formation qui s'en sortent comme ils peuvent.

Je ne critique donc pas ces produits, qui sont nécessaire, mais la raison pour laquelle ils existent.

Pourquoi alors qu'on a travaillé et cotisé toute sa vie on arrive pas à vivre correctement une fois la retraite venue ?

Pourquoi deux parents doivent travailler pour tenter de subvenir aux besoins de leur famille ?

Pourquoi je vois régulièrement de la gène dans les yeux des gens qui achètent ces produits ?

Ce n'est pas eux qui devraient avoir honte...

1 commentaire:

Chuck Nhorus a dit…

Ca fait un peu peur quand même de lire que notre santé devient l'enjeu d'une commercialisation..Cela dit je pense que la situation est à peu près semblable partout, peut être pas aussi exagérée que chez vous mais on s'en approche :/