mardi, mars 02, 2010

La passion...

pas celle que l'on peut éprouver envers une personne, mais celle que l'on éprouve pour quelque chose.

J'ai souvent tendance à m'enflammer et à me trouver des tas de nouvelles passions. Que ce soit dans la cuisine ou les travaux manuels, je papillonne, me pose un instant et puis repars. A chaque fois, je suis convaincue que ce truc est génial, que j'adore ça et que je m'en lasserais jamais. Mais ce n'est pas vrai. J'ai besoin de changement, tout le temps. Dès que je maîtrise un sujet, je passe au suivant. Je reviens parfois en arrière, mais très rarement. Et je déteste reproduire plusieurs fois la même chose.

Samedi soir, j'ai eu la confirmation de ce que je savais déjà, je n'ai pas de passion. Le fait m'est apparu tellement clairement, que j'ai mis deux jours à m'en remettre.

J'ai toujours aimé faire parler les gens, très souvent, en les écoutant un peu, on apprends vite quelles sont leurs passions et j'aimais bien, quelque soit le sujet, regarder parler ses gens. Je trouvais ça beau.

Samedi soir, j'ai eu l'occasion de voir Mme S. jouer sur scène. Même si il a toujours été évident pour moi qu'elle se sentait comme un poisson dans l'eau dans son domaine, je ne réalisais pas à quel point. Lorsque, campée derrière son instrument, j'ai vu son corps vivre sa passion, ses yeux la refléter, je suis restée sans voix et je peux le dire, envieuse.

Et depuis, je tourne et retourne tout ça dans ma tête... non, je n'ai pas de passion... j'ai eu des semblants de passion, mais tout n'étais que passade au final. Alors, me voilà bien confuse, parce que les seules personnes que j'ai connues sans passion étaient trop terne pour que j'aie envie de leur ressembler. Je connais l'envie, beaucoup... l'envie de faire ça et puis l'envie de faire ceci.... mais la passion, c'est comment ?

9 commentaires:

ZOE a dit…

A mon avis , la passion commence par la contemplation .

spestiaux a dit…

Chère M.pops,

Je suis très touchée par ton texte.
Je ne peux t'expliquer ma passion autrement qu'en te la faisant ressentir.Je suis une personne passionnée quand j'ai vraiment envie de quelque chose,je vais au bout,je me donne en entier mais cela peut -être destructeur...la passion est une chose qui te fais vivre,qui te tire en avant mais tu es a tel point dedans que tu ne peux voir les limites (du physique,de la raison parfois...)!Je suis heureuse d'avoir une passion (des passions,qui sont heureusement devenues pour moi maintenant de la raison et de l'envie justement..)mais ce que j'ai envie de te dire c'est que l'on n'est pas obligé d'atteindre cet état "second,de transe interne..."pour être quelqu'un de passionnant!
Et du haut de tes doutes ,pour moi tu es une personne passionnante...

Gros bisous,

Mme S.

Ladypops a dit…

Je suis d'accord avec toi Zoé, mais comment fait-on la différence ensuite entre la passion et l'envie.

Merci Mme S., je ne pense pas être quelqu'un dépourvu de passion. Mon seul soucis (me semble t'il) c'est que ça ne dure pas. Alors, comment nourrir une passion si elle ne dure qu'un temps ? Peut-on dire que c'est de la passion ? Je trouve la limite vraiment très fine entre l'envie et la passion... ;)

spestiaux a dit…

Je pense qu'il y a plusieurs formes de passion"s" et on le vit tous de manière différente.Je crois que lorsque tu plonges dans une nouvelle envie et que tu en ressens une émotion ,une excitation,et bien d'autres "symptômes physiques" tu es dans une passion.Je pense que certaines personnes ne peuvent vivre qu'une seule passion certes intense mais que d'autres ont la capacité d'en vivre plusieurs plus ou moins courtes.Je crois que l'on ne choisis pas,c'est une question de caractère,de ressentis et je crois honnêtement que ça te tombe comme ça dessus,sans prévenir...
Les limites nous nous les mettons nous même...vis tes passions avec l'intensité et la durée qui sont les tiennes ;-)

Bisous

Monsieur Tout-le-Monde a dit…

Juste un mot en vitesse... J'aimerais faire une réponse plus longue sur le sujet basée sur mon expérience personnelle. Mais il faut beaucoup de temps pour la rédiger. Un peu de patience donc...

Une idée en vitesse, on confond souvent les notions de "passion", "désir", "engagement" ou même "effort".

De la passion, je suis sûr que tu en as. Elle est diffuse, discrète, indéfinissable en l'état, mais on la ressent dans tes différents projets qui tournent tous autour des même chose. Peut-être perds-tu le fil entretemps ou es-tu submergée par les difficultés inhérentes à toute activité créatrice. Il n'empêche, tu y reviens toujours.

Ce n'est pas parce qu'elle n'a pas encore dit son nom que tu n'en a pas. Ce n'est pas parce que tu ne ressent pas l'état passionnel qu'elle est absente.

Tout cela demande un peu plus de développement... je reviens plus tard parce que là, j'ai la passion de mon lit :-D

Ladypops a dit…

Clairement mtlm si je devais avoir une passion elle passerait par mes mains ou par le visuel... mais j'aime trop de chose, le cinéma, la photographie, la lecture et diverses activité manuelle... donc oui, je pense que je m'y perds ou que je me décourage...

Monsieur Tout-le-Monde a dit…

Je vais te raconter l'histoire de ma grande passion, le cinéma.

A partir de mes 13 ans j'ai commencé à voir des films par centaines, à lire sur les acteurs et les réalisateurs, à parler sans discontinuer de cinéma. J'étais un animal cinématographique, une encyclopédie vivante.

Cela m'a poussé à embrasser une carrière artistique. Et à partir de là, ça a été l'horreur. Alors que j'impressionnait tout le monde avec mes discours très assurés et mon savoir infini, j'étais incapable d'aligner les actions nécessaires pour réaliser un film. J'étais en état de panique permanent et le travail rendu, malgré quelques éléments remarquables, était inabouti, pour ne pas dire médiocre. Mes profs s'arrachaient les cheveux, comment avec un engouement pareil, on pouvait arriver à si peu de résultat?

J'ai loupé mes études de cinéma, et ma carrière de critique a végété sans vraiment décoller.

Alors quoi, la passion? C'est si bien que ça?

Il m'a fallu longtemps pour analyser la raison de cet échec frénétique. Et je me suis posé exactement les mêmes questions que toi.

Je suis arrivé à plusieurs conclusions:

- j'aimais le cinéma oui, mais il a pris tant de place dans ma vie pour une raison bien différente de ce que j'imaginais: je vivais dans une famille bien déglinguée... Père alcoolique, mère hystérique, ambiance de war zone. Le cinéma me permettait de fuir loin loin loin.

- J'étais plutôt timide et peu sûr de moi. En m'intéressant à un sujet aussi pointu, j'écrabouillais tout le monde dans les discussions, quasiment sans concurrence.

- j'étais aveuglé par mon propre savoir. Alors que je pouvais discourir pendant des heures sur ce que tel ou tel auteur avait à dire, moi-même, je n'avais rien à dire.

Ce que j'appelais ma passion avait pris toute cette place pour de mauvaises raisons. Et mis au pied du mur, j'ai exposé mes carences.

J'ai progressivement remis ma machine à passion en route. C'est moins spectaculaire qu'avant, mais c'est beaucoup plus profond et sincère. J'y suis parvenu en revenant aux fondamentaux:

- Pourquoi? Quel est mon but? Si n'importe quelle raison peut pousser à suivre une passion, il faut un but pour l'entretenir, un motif simple et fort qui donne envie de surmonter chaque difficulté. Emouvoir ceux qu'on aime est une raison suffisante. Et certainement plus valable que vouloir s'enfuir de la réalité ou se mettre systématiquement en avant.

- il faut y travailler sans arrêt. Et tant pis pour les échecs et les frustrations. Il faut continuer jusqu'à ce que le but prenne forme, même aussi petit qu'un amigurumi.

- vivre sa passion est difficile pour tout le monde; cela mobilise une énergie folle et cela soumet le corps à rude épreuve (on pense toujours au muscles, mais on oublie le système nerveux, beaucoup plus affecté par l'état passionnel et beaucoup plus difficile à maîtriser). Comprendre la nature de l'état passionnel (qui va de l'agitation à la stupeur, qui dérègle le rythme du coeur et la respiration, qui provoque des absences ou des hallucinations, qui flanque la migraine) aide à le maitriser et à le transcender.

Voilà mon histoire. Puisse-t-elle t'aider à trouver ta réponse.

Ladypops a dit…

Merci beaucoup d'avoir prit le temps de m'écrire tout ça... En effet, ton message prolonge ma réflexion sur le "pourquoi" je me pose tant de questions au sujet de la passion et sur le but de toutes ces petites activités que je poursuis, par-ci, par là... ton texte me fait me dire qu'il faut que je fasse le tri et que je m'accroche aux choses qui me tiennent à coeur et que je laisse celles qui me détournent de ma route.

Encore une fois merci...

:* :* :*

Ladypops a dit…

Merci beaucoup d'avoir prit le temps de m'écrire tout ça... En effet, ton message prolonge ma réflexion sur le "pourquoi" je me pose tant de questions au sujet de la passion et sur le but de toutes ces petites activités que je poursuis, par-ci, par là... ton texte me fait me dire qu'il faut que je fasse le tri et que je m'accroche aux choses qui me tiennent à coeur et que je laisse celles qui me détournent de ma route.

Encore une fois merci...

:* :* :*